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Vos intentions de prière - Mai, Juin, Juillet, Août 2018

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La Sainte Trinité




Livre des Proverbes 8,22-31.
Psaume 8,4-5.6-7.8-9.
Romains 5,1-5.
Jean 16,12-15.
***

Nous pouvons savourer cette méditation ou mieux cette contemplation de l’auteur du livre des Proverbes sur la Sagesse de Dieu, une sagesse qui est personnifiée.
Dans cette contemplation, la sagesse se qualifie elle-même, de « première des œuvres divines », première depuis toujours, « principe de son action et témoin de son action ».
Mais aussi, elle se présente comme un enfant, grandissant et observant l’action divine.
En fait, elle se décrit comme font les enfants, à côté de leur père ou de leur mère en action, et participant à l’action mentalement et même corporellement, imitant les gestes qu’il voit faire, ce qui a pour conséquence de réjouir les parents et les faire fondre de tendresse.
La Sagesse dit également « trouvant mes délices avec les fils des hommes » c.-à-d., aimant la compagnie des enfants des hommes. En fait, là aussi, elle se décrit comme une camarade des enfants des hommes,  comme des camarades de jeux dont la compagnie est délicieuse. Quel bonheur !
Je ne sais pas si vous avez eu, dans votre enfance, des camarades, dont la compagnie était délicieuse ! En tout cas, cela fait envie, et c’est une belle image de bonheur. Heureux êtes-vous, si c’est toujours le cas, avoir des connaissances dont la présence est délicieuse.
Quand l’AT invoque la « Sagesse de Dieu », ne réduisons pas tout de suite la Sagesse divine à l’Esprit ou au Christ.
N’aplatissons pas trop vite le texte en du déjà connu. Conservons-le comme il nous a été donné.
Conservons l’expression « Sagesse divine », car c’est ainsi que cette réalité divine est désignée dans l’AT. On voit bien qu’elle tient à la fois de l’Esprit et du Christ, tel que le secret nous a été révélé dans le NT. On retrouve des traits de l’un et de l’autre dans ceux de la Sagesse de Dieu.
Quand on se plonge dans l’histoire des sociétés humaines sur la planète et à travers l’histoire, quand on prend lecture de leurs écrits sapientiaux, de leurs textes de sagesse, alors ces écrits ou ces dits, nous parlent immédiatement, ils nous atteignent sans besoin d’interprétation.
On y trouve du goût, et parfois même, on les trouve délicieux, raffinés. Ils nous parlent sans détour.  
Ils sont toujours positifs, éducatifs, orientés vers le bien de l’humanité.
L’exégète Paul Beauchamp aimait à dire que la sagesse est ce que les nations ont en commun. Ce qu’elles ont en commun : l’humanité en somme ; le cœur de l’humanité, c’est là que la Sagesse de Dieu y trouve ses délices.
C’est là aussi que nous sommes convoqués pour connaitre, apprécier et nous réjouir de la sagesse divine sous toutes les latitudes, dans toutes les cultures ; en somme, partout où il y a des êtres humains.
Nous expérimentons dans la sagesse des nations une saveur, une spontanéité, une immédiateté. Or, quand il s’agit de parler de la Sagesse de Dieu, cette fraîcheur est parfois contrariée par de la mauvaise théologie, en particulier la théologie de la transaction.
Cette fraicheur peut être aussi contrariée par les superstructures que l’on a rajoutées à la parole de Dieu ou point de l’enfouir sous des couches épaisses d’observance comme cela s’était produit chez les Hébreux.
On pourrait aussi trouver ces superstructures chez nous également si l’on se donnait la peine de regarder les choses en face.

Paul, dans la deuxième lecture, rétablit à sa manière, la spontanéité, la fluidité, la frugalité de la parole de Dieu en rappelant justement la primauté de la grâce, car il n’y a pas de transaction chez Dieu et point n’est besoin de ces superstructures qui finissent par se substituer à la parole de Dieu.
Paul maximalise la chose en disant que même dans la détresse nous mettons notre fierté ! Même dans la détresse, car en bout de chaine, cette détresse produit l’espérance, et l’espérance n’est autre que le signe de l’Esprit dans notre cœur.
Et si c’est l’Esprit qui est dans notre cœur, alors nous sommes dans le vrai.
Voilà donc ce qui est promis aux disciples : l’Esprit de vérité.
On voit par la même occasion que le projet de Dieu n’a pas changé depuis le commencement, car il s’agit toujours que la Sagesse de Dieu trouve ses délices dans la compagnie des enfants des hommes.
À la différence près que la révélation du secret de Dieu, c.-à-d. ce que l’on désignait avant par la Sagesse de Dieu et qui se rend présent maintenant ou se manifeste par le Christ et l’Esprit.
La proximité de la fête de Pentecôte nous rappelle le lien entre le Christ et l’Esprit et leur différence, et, une fois la révélation faite, en quelque sorte, nous revenons, différemment cette fois, sous la mouvance de la Sagesse de Dieu.
Le temps de l’Église, c’est le Temps de la Sagesse de Dieu tel que l’évangéliste Jean essaie de nous le traduire dans la dialectique qui lui est reconnaissable.
Quand l’Esprit vient habiter notre cœur, c’est le cœur de Dieu qu’il fait habiter en nous, rien moins que cela ! C’est la Sainte Trinité qui se donne rendez-vous chez nous, car notre demeure fait ses délices.
Observons que dans cette relation qui met en scène le Père de miséricorde, le Christ Seigneur et l’Esprit de vérité, on retrouve là les caractéristiques de la périchorèse, ou la dépossession de l’un envers l’autre, de l’un pour l’autre.
Rien n’appartient au Père sinon au Fils, et rien n’appartient au Fils sinon au Père ; et c’est l’Esprit qui nous fait sentir cette mutuelle dépossession qui crée un mouvement de relation, une sorte de « Danse » à la Henri Matisse, cette ronde ocre sur fond bleu et vert qui suggère la joie de vivre.
La contemplation de l’auteur du texte tiré du livre des Proverbes nous rappelle l’importance de faire de la théologie à partir de l’expérience existentielle que nous avons de Dieu comme Père de miséricorde, Christ Seigneur et Esprit de vérité, pour que cette théologie soit authentique. En effet, nous faisons de la théologie dès que nous essayons de penser la foi, un peu comme monsieur Jourdain parlait en prose sans le savoir.
Ainsi, quand nous essayons de penser la Trinité, ou quand nous essayons de l’expliquer à d’autres gens, nous devons partir de l’expérience que nous avons de Dieu. La Trinité n’est pas un concept ; elle ne s’éprouve que dans l’expérience de la rencontre de Dieu, et c’est par grâce, nous dit le philosophe Martin Buber, c’est par grâce que la rencontre a lieu.
Prions le Seigneur pour que la Sagesse de Dieu, quand elle se manifeste à nous,  fasse notre délice et contribue ainsi à notre conversion afin que les derniers recoins de notre personnalité se tournent vers Dieu en toute confiance, sans rien garder pour nous même, dans l’esprit de la dépossession mutuelle qui caractérise la Trinité Sainte.

Amen
Père Roland Cazalis   

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